Journée Internationale des Droits des femmes

Monsieur le représentant de l’ambassadeur de Guinée en France Et les associations Partenaires Mesdames, Messieurs A l’occasion de la journée des Droits femmes

 

Mesdames, Messieurs

Paris le 31 mars 2018 au 127 rue Marcadet 7518 Paris

A l’occasion de la journée des femmes passée le 8 mars 2018, en ma qualité de présidente du FUDGA et au nom de cette association je vous souhaite la bienvenue à cet évènement consacré à l’entreprenariat féminin et au développement des femmes africaines à travers ces trois plateaux qui nous offrent à la fois une tribune d’expression et de visibilité. Ils nous permettent d’échanger sur l’entreprenariat féminin et le microcrédit, la libre entreprise avec  un très faible investissement et  le leadership féminin en lien avec la solidarité entre femmes. Ces facteurs constituent à n’en plus douter l’espoir économique des femmes africaines et d’ailleurs bien sur. Il s’agit ici de mieux connaître le rôle des femmes dans la création et le développement des entreprises.

 En fonction du temps imparti, je me contenterai de parler des constats et des propositions. Mais avant de venir aux propos et aux faits, une clarification conceptuelle est nécessaire pour éviter les malentendus inutiles.   

Qu’entendons-nous par entreprenariat féminin ? C’est couramment  « un ensemble d'activités mises sur pieds et gérées par les femmes elles-mêmes quelque soit la taille de la structure »

Défini comme la création et le développement d'entreprises par les femmes, ce concept a connu depuis une dizaine d'années une évolution croissante dans la plupart des pays aussi bien industrialisés que ceux en développement.

Reconnues comme les piliers incontournables de l’économie nationale, la place des femmes devrait donc être très importante dans les programmes de développement de tous les pays en voie de développement ou pays pauvres. Cependant, les interrogations persistent sur la volonté des dirigeants africains d’accompagner et de soutenir au mieux les femmes dans leur combat quotidien pour la survie de l’humanité toute entière.

 Les études du Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM) ont montré que le développement de l’entrepreneuriat féminin a un impact positif significatif sur la réduction de la pauvreté des ménages. Lors des conférences des Nations unies au Caire en 1994 et à Pékin en 1995 déjà, tous les Etats membres s'accordaient à dire que les femmes participent aux mécanismes de développement.  Mais force est de constater malheureusement  qu’en dépit de la place centrale que les femmes  occupent au sein de la famille et du  rôle non négligeable qu’elles jouent dans la société en tant qu'opératrices incontournables dans la lutte contre la pauvreté, les femmes africaines demeurent les principales victimes de la pauvreté. De plus, bien que le rôle majeur que les femmes jouent dans l'économie nationale de leur pays respectif ne soit plus à démontrer et que l'entrepreneuriat féminin soit un facteur clé du développement africain reconnu et approuvé, les femmes qui veulent créer une entreprise en Afrique sont encore confrontées aux inégalités du marché du travail et aux fonds d’investissement. Ce qui réduit considérablement la proportion des femmes africaines qui travaillent à leur propre compte.

Les constats :

Selon certaines études,  l’Afrique est le premier continent de l’entrepreneuriat féminin : une femme sur quatre crée une entreprise. En Afrique subsaharienne, les femmes représentent même 27% des entrepreneurs. Il s’agit du taux le plus élevé à l’échelle mondiale. La pénurie d’emplois, oblige de nombreuses personnes à se battre pour créer leurs propres affaires, et c’est cela qui justifie la multiplication de femmes entrepreneurs en Afrique. Elles sont  depuis toujours des entrepreneuses dans l’âme. Résolue à affronter les difficultés, elles incarnent l’espoir, le courage et l’envie de se battre pour subvenir aux besoins de leur famille et de leur communauté.

Elles ont le courage de créer et de gérer. Beaucoup d’entre-elles souhaitent faire grandir leur business au-delà même des frontières régionales, nationales, elles visent même les niveaux panafricains et internationaux. Elles ont de l’ambition à revendre. Aucun secteur n’échappe à leurs ambitions – agriculture, éducation, santé, agrobusiness, le commerce en détail et en gros, les produits d’importation etc.  Mais au delà de toutes ces tendances, les obstacles sont encore nombreux.

 De nombreux freins à surmonter :

 Plusieurs études ont démontré que les contraintes sociodémographiques comme le niveau de diplôme,  le nombre d’enfants, des obstacles liés aux stéréotypes de genre ou encore des raisons plus contextuelles comme la conjoncture ou les particularités nationales,  la peur de l’échec,  de la prise de risque ou de l’endettement et les barrières qu’imposent certaines mentalités et traditions coutumières constituent des freins réels pour le développement de l’entreprenariat féminin.

L'importance de l'entreprenariat féminin :

Dotés d'un sens de l'entreprise et d'une volonté d'agir concrètement, les femmes peuvent monter des projets innovants, souvent destinés à répondre aux besoins immédiats des populations. Ainsi, une tendance à l'expansion de l’entreprenariat féminin s’est affirmée dans beaucoup de pays africains et, dans bien des cas, avec un modeste soutien des pouvoirs publics qui sont prêts à établir à travers leur politique de développement national, les bases d’un véritable entreprenariat féminin.

Ainsi, en fonction des activités économiques des femmes en augmentation permanente, le continent africain tente d'attirer des investisseurs et des capitaux étrangers. Par ailleurs, dans la dynamique du changement social, les femmes prennent part à l’essor économique national  et les exemples de réussites individuelles et collectives ne manquent pas. Grâce à plusieurs organismes indépendants, aux conférences, colloques nationaux et internationaux se présentant comme des lieux de rencontre, je suis informée des prouesses des femmes dans la création et la gestion d’entreprise.  

J’ai choisi quelques exemples pour étayer mon propos :

En Guinée comme ailleurs, les femmes sont aujourd’hui des acteurs de développement incontournables, elles constituent des agents à fort potentiel du développement économique de la Guinée

Par exemple 

Je peux citer  le Groupement des Femmes d’Affaires de Guinée (GFAG) qui  a organisé  le samedi 11 novembre 2017, la 7ème  journée nationale des Femmes d’Affaires et Entrepreneurs de Guinée.

Placée sous la présidence d’honneur du ministre de l’Industrie, des Petites et Moyennes Entreprises, cette cérémonie à mobilisé plusieurs femmes qui ont occupé des postes de responsabilités et de femmes d’Affaires de la Guinée.

Selon la présidente de l’association, cette journée coïncide aux 30 ans du Groupement des Femmes d’Affaires de Guinée autour du thème aussi pertinent, opportun que mobilisateur «  Les femmes se taillent une place ». Dans le même ordre d’idée, on peut estimer comme la présidente de cette organisation que si le groupement des femmes d’affaires  de la Guinée a 30 ans, cela prouve  la crédibilité de cette organisation qui démontre suffisamment la maturité des femmes guinéennes. Nous pouvons nous réjouir que le GFAG soit membre fondateur du Réseau Africain de soutien à l’entreprenariat féminin et sa présidente  est la vice-présidente du réseau. Le GFAG est membre  depuis 1990 de l’Association mondiale des femmes cheffes d’entreprises et la Guinée est membre du comité mondial des femmes cheffes d’entreprises. Le ministre de l’Industrie, des Petites et Moyennes Entreprises (PME), Boubacar Barry, a réitéré l’engagement du gouvernement guinéen à soutenir les femmes dans leurs activités. Depuis, le GFAG est devenu un cadre  de référence pour les femmes membres qui partagent leurs expériences, leur savoir faire, leurs capacités créatrices et leurs dons de gestionnaires qualifiées dans le secteur de l’économie nationale. Toutefois nous n’occultons pas les difficultés des femmes à constituer des fonds de départ ou de démarrage de leurs activités. Elles font appel pour la plupart d’entre elles au microcrédit pour le démarrage ou pour l’extension des activités. Elles peuvent  ainsi améliorer leurs capacités économiques et financières afin d’accroître leurs productivités dans les différents secteurs de développement et d’assurer la prise en compte de leur  contribution à l’économie nationale.

Les expériences des autres pays

En côte d’ivoire, l’Expertise du Fonds d’Appui aux Femmes est reconnue à l’international.

  Dominique Ouattara, Première Dame du pays, a lancé un Fonds d'Appui aux Femmes de Côte d'Ivoire (FAFCI). Cette initiative vise à promouvoir l'entreprenariat des femmes du pays par des prêts à taux très faibles, permettant aux ivoiriennes de se constituer un capital de départ pour se lancer dans une activité professionnelle.

Le FAFCI a permis à 100 000 femmes de devenir autonomes a affirmé Dominique Ouattara, rappelant ainsi le bilan de la structure.

A l’occasion de la journée internationale de la femme, j’ai eu l’honneur, en tant que marraine des célébrations ivoiriennes, d’octroyer aux femmes des départements  un montant additionnel de 200 millions de francs CFA, permettant de financer des projets supplémentaires.

Le modèle économique du FAFCI fonctionne, et donne des idées à d’autres institutions, bien au-delà des frontières ivoiriennes. Début mars, j’ai ainsi eu le plaisir de recevoir Michèle Sabban, Présidente de l’ONG R20 fondée par l’acteur américain Arnold Schwarzenegger. Au cours de cet entretien, Michèle Sabban a sollicité l’expertise du FAFCI dans le cadre du développement d’un Fonds Mondial vert pour l’autonomisation des femmes..

Au Bénin, l’AFACEB - Association des Femmes d'Affaires et Chefs d'Entreprises du Bénin

    Créée en 1998, elle compte 7 500 membres, parmi lesquelles :*

  • 250 femmes chefs d'entreprises (hôtelières, restauratrices, entrepreneurs en bâtiments, architectes, pharmaciennes, consultantes, industrielles...)
  • 2 300 femmes entrepreneurs (coiffeuses, couturières, stylistes, modélistes, transformatrices de produits agricoles...)
  • 4 950 femmes revendeuses et micro-entrepreneurs

Le but de l'association est de promouvoir les activités des femmes membres. Elle travaille également avec des femmes vivant dans la banlieue de Cotonou à qui elles octroient de petits crédits à un taux d'intérêt avoisinant 2% par mois par le biais de la MUFED (MUtuelle Femmes et Développement), qui est une branche de l'AFACEB.

 Un centre de formation est également géré par l'association. Les apprentis y reçoivent des cours de pâtisserie et d'art culinaire pendant une période allant de 9 mois à 2 ans. Les frais de scolarité sont assez élevés puisqu'ils atteignent 6 000 F CFA par mois. Selon Mme Lawami, ces frais ne permettent pas au centre d'être autosuffisant et l'AFACEB subventionne donc cette activité.   
Elle bénéficie également de l'appui du PNUD et de la Banque Mondiale pour l'organisation de forums et séminaires.

     L'association est membre de l'Association Mondiale des Chefs d'Affaires, ce qui permet à ses membres de communiquer et d'échanger des idées avec d'autres chefs d'entreprises. 
Néanmoins, Mme Lawami déplore que peu de béninoises soient actuellement chefs d'entreprises, et lorsqu'elles le sont, c'est souvent de structures très petites.

Le cas du Sénégal

Comme ailleurs en Afrique les femmes sénégalaises sont et demeurent battantes et incontournables. Elles regorgent d’initiatives et ne se font pas priées pour aller dans les réseaux nationaux, africains voir même internationaux pour soutenir l’entreprenariat féminin. Grâce à l’informel, elles réussissent à faire fortune et à s’imposer dans les secteurs sociaux et économiques. On peut dire que c’est vers les débuts des années 60 que Haja Diop s’est lancée dans le monde des affaires. Armée d’une détermination exceptionnelle, elle réussit à se faire une place au soleil. Spécialisée dans l’import export et le commerce, elle sillonne l’Europe l’Afrique et l’Asie à la quête des marchés. Elle dirige en outre une entreprise de bâtiments, une vraie entreprise structurée. Militante elle s’engage activement dans la bataille la plus audacieuse, celle de l’émancipation des femmes. Elle défend avec l’association des femmes et des commerçantes, les intérêts des femmes qui travaillent dans l’informel. Aujourd’hui, elle se trouve à la tête du réseau africain  pour le soutient à l’entreprenariat féminin, RASEF, une association qui regroupe des opératrices économiques pour le développement durable du continent et l’entreprenariat féminin. Créé en 1995 cette structure a pour mission d’instaurer un environnement favorable pour le développement de l’entreprenariat au Sénégal et en Afrique. Au Sénégal, Hadja Diop compte désormais parmi les figures emblématiques les plus respectées de par leur travail et leur contribution et par ricochet au développement économique du pays.

 En Afrique en général, il s’avère très important de s’intéresser à l'entreprenariat rural en particulier l’entreprenariat féminin dans le secteur agricole. Ceci pour trois raisons fondamentales : sur le plan démographique les femmes sont plus nombreuses que les hommes, aussi on compte plus de femmes en milieu rural qu’en milieu urbain et ces femmes exercent majoritairement des activités agricoles. Promouvoir l’entreprenariat féminin dans le secteur agricole contribue donc inévitablement au développement agricole et à la réduction de la pauvreté. Par ailleurs le développement de l’entreprenariat féminin en milieu rural constitue aussi une source de mobilisation des recettes de l’Etat et une augmentation du financement interne car beaucoup de femmes ont désormais une entreprise agricole reconnue et formelle. Malheureusement, on compte très peu de femmes entrepreneures dans le secteur  agricole en Afrique. La majorité des femmes rurales travaillent comme ouvrières dans les exploitations agricoles. D’autre part, elles mènent une agriculture de subsistance. Leurs productions visent plus l’autoconsommation, la survie de leurs ménages qu’une grande production, une entreprise agricole où la production est comprise comme une révolution verte qui propulse vers un développement agricole et un développement économique. On constate aussi qu’il existe des difficultés qui limitent les femmes rurales à s’engager dans l’entreprenariat agricole. Au nombre de ces contraintes, nous avons:
– L’accès des femmes rurales à la terre qui est un facteur déterminant dans la production agricole : la femme n’hérite pas de la terre dans nos coutumes. Ceci constitue une pesanteur socioculturelle qui empêche d’une manière ou d’une autre le développement agricole au Bénin comme ailleurs
– L’Accès aux crédits agricoles : les banques demandent des garanties et surtout les propriétés foncières pour attribuer des crédits. Voilà qu’elles n’en disposent pas. Elles n’arrivent donc pas à accéder aux crédits agricoles.
– Le manque de moyens financiers pour l’achat des intrants agricoles (semences amélioré et engrais surtout). Ceci affecte considérablement leur rendement agricole.
– Le manque de formations et d’appui technique : les formations et sensibilisations sont faites uniquement en milieu urbain, elles ne sont pas souvent décentralisées pour concerner les villages. Ainsi ces formations touchent beaucoup plus les femmes intellectuelles, les femmes déjà entrepreneures que les femmes qui ont vraiment besoin de ces formations

Quelles solutions faut-il apporter.

La Banque Mondiale prône  une adaptation de l'entreprenariat aux femmes africaines, par le développement d'un système de crédit généralisé et la mise en place d'un soutien technique.  Pour soutenir les ambitions des femmes, l’Afrique doit favoriser un meilleur accès à l’éducation et à l’information sur l’entrepreneuriat, travailler à supprimer les barrières car l’entrepreneuriat féminin constitue aussi une chance de changer les règles de sociétés encore fortement marquées par le patriarcat. Pour le développement de l’entreprenariat des femmes en milieu urbain comme en milieu rural dans le secteur agricole, il est nécessaire de donner des crédits aux femmes surtout aux plus démunies car, l’accès des femmes au financement participe à l’augmentation de leur productivité, au développement de l’entreprise et à plus de visibilité. Il est important aussi de faciliter l’accès des femmes aux informations et aux formations.

Dans ses recommandations, elle encourage également le développement de l'éducation primaire, secondaire et supérieure pour les filles africaines, un meilleur accès des femmes aux moyens de production ou encore une protection juridique et un accompagnement plus poussé. Puisque la pauvreté concerne tout particulièrement les femmes, elles doivent être au centre de toutes les stratégies visant à lutter contre ce fléau. Aucun progrès véritable en la matière ne pourra être obtenu sans la participation active des femmes. Cela n'est pas seulement une question de principe, mais aussi une question de bon sens économique. Les femmes sont présentes dans tous les secteurs de l'économie. L’amélioration du système éducatif et l’accès des femmes à la formation tout au long de la vie sont également des défis que nous devrons relever. La scolarisation des filles est très à la traîne par rapport à celle des garçons en Afrique subsaharienne (68 filles pour 100 garçons), et elles sont davantage concernées par le décrochage scolaire. Plus de filles africaines doivent aller à l’école et elles doivent y rester assez longtemps pour acquérir des savoirs nécessaires à l’action professionnelle.

Le microcrédit et son importance dans l’entreprenariat féminin

Le microcrédit désigne de très petits prêts au bénéfice de personnes à faible revenu. Du fait que la majorité des clients des services de microcrédit ont des garanties limitées ou inexistantes, les prestataires de microcrédit se tournent vers la « garantie collective » de l'emprunteur, c'est-à-dire qu'ils travaillent avec des groupes d'emprunteurs dont chaque membre garantit les prêts des autres. Ces prêts intra-groupe ont été les premiers produits proposés par le secteur de la micro finance, avec pour objectif d'aider des personnes cherchant à créer une petite entreprise ou une activité agricole ou à investir dedans. L'idée est que les entreprises productives génèrent des revenus qui permettent aux clients de rembourser leur prêt et de commencer à accumuler des biens qui leur permettront de sortir de la pauvreté

 Le microcrédit  en Guinée

Le système financier guinéen est constitué par la Banque Centrale de la République de Guinée, de plus d’une quinzaine de banques commerciale, de 7 sociétés d’assurance, de bureaux de change privé et de courtage, d’une Agence nationale de la micro finance qui coiffe 13 institutions de microcrédit agrées.

En Guinée, le microcrédit est octroyé par les bailleurs de fonds qui incluent dans les projets qu’ils financent un volet microcrédit, par le gouvernement dans le cadre du soutien aux diplômés sans emploi, les femmes et les populations rurales et par des ONG étrangères.

Les organismes de microcrédit les plus connus sont le crédit mutuel, le crédit rural et agricole de Guinée, le FONIJ (Fonds national d’appui et d’insertion des jeunes), la MUFFA en faveur des femmes, le crédit des programmes des bailleurs de fonds comme le PNUD à travers le Programme de développement local de Guinée (PDLG), ou encore la BAD et d’autres partenaires au développement. Un important programme de la Banque Mondiale est en cours pour « Booster les compétences et accroître l’employabilité des jeunes ».

L’impact du microcrédit sur l’entreprenariat féminin : Le cas de la MUFFA de la Guinée

Le 27 juillet 2015, une mutuelle financière des femmes africaines en Guinée (MUFFA) a été créée par le président Alpha Condé à Ratoma afin d’offrir aux femmes la possibilité de demander un microcrédit. A l’occasion, avait-il déclaré ‘’nous avons voulu essayer des microcrédits pour les femmes et les jeunes, mais malheureusement ça a été un échec en espérant que les femmes guinéenne vont s’approprier ces microcrédits comme instrument de sortie de la pauvreté.

L’objectif de la MUFFA est d’offrir un cadre d’incubation, et de développement à la femme micro-entrepreneure pour son épanouissement personnel et celui de sa famille. Promouvoir l’entrepreneuriat féminin et redonner confiance à ces femmes courageuses qui ont longtemps résisté dignement à la pauvreté, c’est aussi une véritable chance économique pour le pays. La MUFFA a pour objectif de permettre aux femmes de se prendre en charge pour sortir de la précarité. Selon Hadja Binta Diallo,« Même si la structure de microcrédits a été inaugurée à Ratoma, Hadja Binta Diallo, présidente du conseil d’administration de MUFFA de Ratoma a exhorté les femmes des MUFFA de Dixinn, Kaloum et toutes les régions du pays à accélérer le processus de mise en place de leurs structures de microcrédit afin de sortir de la précarité de façon rationnelle. Nous n’occultons pas mesdames Hadja Kadiatou Barry, Hadja Iliyassou Diallo et madame Baldé qui ne ménagent aucun effort pour soutenir et faire avancer l’Entreprenariat féminin à Conakry en Guinée.

Il me semble que les micro-banques de développement en Guinée ont un bel avenir devant elles, le président  Alpha  Alpha Condé ayant expliqué qu’il accorde une attention particulière à la jeunesse et aux femmes.

 Effets positifs et les limites du microcrédit

Les Microcrédit ont entraîné un certain nombre d’effets positifs : l’autonomisation de la femme en terme de hausse des revenus dans les foyers, la génération de biens ; l’amélioration de la mobilité. Les MC ont eu un impact positif sur les moyens d’existence des femmes : elles peuvent à présent financer l’éducation de leurs enfants ; elles sont en mesure de mieux préserver leur intégrité physique étant donné qu’elles ont accès aux services sociaux, et subvenir à leurs besoins de base plutôt que de se voir contraintes à se prostituer. Toutefois il y a des limites auxquelles il faut faire face. Quelles sont ses limites ?

 Il est relativement rare que les Microcrédit tirent les femmes de la pauvreté en aidant à la génération de revenus, car ils sont généralement employés pour répondre aux besoins de consommation de base. Dans ce cas, les MC ne sont pas destinés au marché, et ils s’adressent en priorité aux investissements peu risqués et à faible rendement. Les femmes n’ont pas de connaissances en marketing ou en négociation de prix et jouissent de surcroît d’un pouvoir décisionnel limité. Leur liberté de mouvement est restreinte et la majorité des tâches domestiques leur incombe toujours. Ce sont souvent les hommes qui détiennent le contrôle du prêt. Il est fréquent que les femmes reversent leurs bénéfices aux membres de la famille. La pression qu’elles subissent pour le remboursement du prêt étant souvent très forte, elles sont amenées à solliciter un deuxième prêt pour rembourser le premier. Les plus pauvres d’entre elles continuent d’être exclues des systèmes de microcrédit. Les femmes manquent d’esprit d’entreprise, par rapport aux hommes, celles qui souhaitent être autonomes ne représentent que 40%, du fait de leur perception des obstacles que représentent les barrières administratives, souvent plus difficiles à surmonter pour les femmes que pour les hommes,  l’accès à l’information, l’accès aux fonds, le risque que comporte la création d’une entreprise. Les MC constituent un outil, basé sur le marché, qui ne change ni les perceptions ni les préférences. 

Conclusion

Cette présentation est le résultat de plusieurs études faites par différents groupes et institutions sur l’entreprenariat féminin et son lien avec le microcrédit enrichi par l’étude de cas de la MUFFAG.  Le plateau 2 interviendra sur « Comment entreprendre dans la libre entreprise avec un faible investissement et proposera des solutions d’accompagnement des femmes migrantes dans le marketing collaboratif ». De la création des entreprises et de leur bonne gestion jaillira la lumière sur le leadership féminin et la solidarité entre les femmes.

Je vous remercie de votre attention.

Mme Sy Aissatou 

Présidente Fondatrice de FUDGA

 

 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×